Bruno
Angelini
1/ Immersion. 2/ Laura. 3/ Blue Monk. 4/ Where Flamingos fly.
5/ Seasons in the Sun. 6/ Summertime. 7/ Lover Man. 8/ Sometimes
I feel like a motherless Child. 9/ When Sunny gets Blue. 10/
Love isn’t Everything. 11/ Left Alone.
Piano solo enregistré en mars 2006
Giovanni
Mirabassi
1/ Il venait d’avoir dix-huit ans. 2/ Manon. 3/ J’ai
pas le temps d’avoir trente ans. 4/ C’que t’es
belle. 5/ La Canzone di Marinella. 6/ Quand Maman revient. 7/
Cécile. 8/ La fleur du large. 9/ Sans titre. 10/ Le chaland
qui passe. 11/ Les passantes. 12/ J’aimerais tant savoir
comment tu te réveilles. 13/ Si tu me payes un verre.
14/ Une île. 15/ Dis, quand reviendras-tu ?
Piano solo enregistré en septembre 2005
Deux propositions singulières
Poursuivant
son idée/concept « Standard Visit » de
faire revisiter les standards par des pianistes d’exception,
le producteur Philippe Ghielmetti (dont on connaît son
goût pour le défi) a proposé à Bruno
Angelini (né en 1965) de se positionner sur les traces
de la chanteuse Jeanne Lee et du pianiste Ran Blake, deux musiciens
fondateurs de son univers, pour un projet en forme de psychanalyse
musicale basé sur les morceaux figurant dans leur disque
The Newest Sound Around (R.C.A., 1963) ; il s’agit
donc, comme pour le cinéma, d’un « remake
».
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Fort
d’expériences multiples (il a étudié
les grands compositeurs du XX° siècle, suivi
des cours de pratique d’improvisation, participé
à de nombreux groupes, travaillé avec le
chanteur Thierry Péala), affranchi des influences
de Bill Evans et Keith Jarrett, il s’est donc ici
approprié cette suite de standards dont il propose
une sorte de transfiguration toute personnelle avec une
prise de risque assumée puisqu’il lui fallait
à la fois oublier le disque de référence
et s’inspirer du duo célèbre face
à la solitude du piano. Il confirme de belle manière
(toucher délicat, sensualité dans le dépouillement),
tout ce qu’on trouvait déjà dans le
disque Empreintes,
ici chroniqué en novembre 2003. |
Bien différente
est le projet proposé à Giovanni Mirabassi (né
à Perugia en 1970) : la rencontre entre ses deux univers
de prédilection, le jazz et la chanson, entretenant avec
cette dernière des rapports amoureux depuis 1993 lors
de ses premiers engagements professionnels en France. En une
dizaine d’années, il composera plus de 80 musiques
pour chansons notamment pour la chanteuse Agnès Bihl,
et se produit et enregistre avec Nicolas Reggiani, petit fils
de Serge. C’est peu de dire « qu’il connaît
(toute) la chanson », de la plus populaire (Sevran,
Lama) à la plus sophistiquée (Jeanne Chéral,
Alexis HK). Ce n’est certes pas la première rencontre
entre jazz et chanson, mais il semble là que le pianiste
expose et explore les espaces libres du jazz pour donner à
la musique ainsi qu’aux paroles (Lester Young disait toujours
penser autant au texte qu’à la mélodie)
une nouvelle dimension, totalement instrumentale.
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On
pourra s’interroger sur le choix des morceaux (les
plages 1, 5 et 15) mais pas sur la façon d’extraire
(et de faire passer) l’émotion qu’il
connaît sur le bout de doigts fort agiles et ainsi
offrir une nouvelle vie à ces chansons (compenser
l’absence de mots par de la musique en plus de la
musique).
Laissons la conclusion à Serge Lama : Monsieur
Mirabassi secoue la branche, où les fruits sonores
des notes sont accrochées, dans l’insoumise
harmonie du feuillage.
On ne saurait mieux dire. |
Jacques
Chesnel
(septembre 2006)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

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