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Variations
amoureuses
Osmose parfaite
entre les créations d’Isabelle Simon et les textes
de François David, à l’image des sentiments
qui unissent la vingtaine de couples d’amoureux : hommes et
femmes tendrement enlacés, qui s’embrassent ou se contemplent,
qui s’accompagnent ou se soutiennent, des instants d’intimité
que l’on partage avec bonheur, un bonheur auquel se mêle,
pour le lecteur, un léger sentiment d’intrusion involontaire.
Les poèmes et les dialogues imaginés par François
David sont pourtant loin d’être faits d’eau de
rose, et le poète évoque avec subtilité les
multiples facettes du sentiment amoureux et les diverses formes
que peut prendre l’amour. On feuillette l’album, et
le regard s’arrête sur une image, sur quelques mots
épurés, qui racontent la transformation de l’être
qui soudain cède à l’amour (« Ils
contemplent le monde / sans le reconnaître / ils ne savaient
pas / qu’il était si beau »), qui disent
le plaisir d’être deux (« quel délice
de cheminer sous la pluie / collés / mouillés…»),
les délices des prémisses («Au sein / de
leurs premiers émois…»), l’ivresse
de la danse, ou le désir de vieillir ensemble.
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La
douceur ambiante n’occulte en rien les aléas
de l'existence, quand bien même l’amertume ou
la misère seraient en partie effacées par
le sentiment amoureux, comme pour ce très émouvant
couple de SDF assis au beau milieu d’une rue déserte
et obscure (« Plus de terrains vagues / ni de
terres perdues (…) pourvu que ta joue / pourvu que
sa main… ») ou bien pour ces deux jeunes
de la « cité des Mimosas »,
où « il n’y a pas de mimosas »
(mais du béton), où « les tours
cachent le soleil », mais où pourtant
l’amour a pu prendre forme et corps.
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L’intensité
des sentiments évoqués fait écho aux touchantes
figurines créées puis photographiées par Isabelle
Simon et se reflète dans les postures, les regards ou les
sourires des personnages, petits couples de santons fragiles mais
que fortifie un lien invisible que l’album tout entier rend
palpable – en partie grâce au réalisme qui émane
des petites sculptures mises en scène en décor réel.
Un ouvrage inclassable à partager, à découvrir
seul, à deux ou à plusieurs, à tout âge
de la vie, à offrir et à ouvrir encore et encore.
Blandine
Longre
(février 2006)

http://www.editions-sarbacane.com/
lire aussi
Amourons-nous
de Geert De Kockere et Sabien Clement
Editions du Rouergue, DoAdo Image, 2007 (réédition)
du
même auteur
On n'aime pas les Chats -
ill. G. Alibeu, Sarbacane, 2006
Voir, Motus 2005
Un éléphant
peut en cacher un autre, Sarbacane, 2005
Pommes
de pin illustrations d’Eric Battut, Lo Pais d’enfance,
Le Rocher, 2005
Je suis un ange coll. mouchoir
de poche, Motus, 2005
Poèmes sans queue ni tête d’après
Edward Lear, ill. Henri Galeron, Motus, 2004
La petite sœur de Kafka,
dessins Anne Herbauts, Esperluète, 2004
Chat qui vole, Editions du jasmin,
2003
L'oiseau bonheur, ill. L. Corvaisier,
Albin Michel jeunesse, 2003
Est-elle Estelle ? ill. Alain
Gauthier, Motus, 2002
Les enfants de la lune et
du soleil, ill. Henri Galeron, Motus, 2002
La tête dans les nuages,
phot. Marc Solal, Motus, 1998
Ecrivain
en littérature de jeunesse, François David est directeur
littéraire des éditions Motus
depuis 1988.
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