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Les premiers
chapitres du dernier roman d'Amitav Ghosh tiennent du conte
: nous sommes en Birmanie en 1885, à Mandalay, qui abrite
le palais des miroirs ; celui de Thebaw, dernier monarque birman,
entourés de la reine Supayalat, des deux princesses et de
leurs multiples serviteurs. Aux pieds des murailles, un jeune orphelin,
Rajkumar, qui travaille temporairement dans la petite échoppe
de la vieille Ma Cho, rêve du palais et se promet d'y pénétrer
un jour... L'histoire va l'y aider car les canons anglais ne sont
plus très loin et remontent déjà le fleuve
Irrawaddy. Le règne des derniers souverains birmans s'achève
dans la honte de l'exil : en Inde, d'abord à Madras, puis
à Ratnagiri, petite ville de province en bord de mer. Mais
avant le départ de la famille royale, Rajkumar est parvenu
à découvrir le palais et il emporte avec lui le souvenir
d'une jeune suivante, Dolly. Un souvenir qui l'accompagne encore
à l'âge adulte, le poussant à rechercher la
jeune femme.
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nombreux autres personnages gravitent autour de ces deux figures
centrales, Rajkumar et Dolly (la famille royale appartient bien
vite à l'Histoire) : le gouverneur de Ratnagiri et sa
jeune femme Uma, destinée à devenir une féministe
engagée, les enfants de Rajkumar, ceux de Saya John,
mentor et père adoptif de Rajkumar, puis leurs petits
enfants... On s'aperçoit peu à peu qu'Amitav Ghosh
a voulu écrire une épopée familiale, entre
l'Inde, la Birmanie et la Malaisie, donnant ainsi à ses
personnages une réelle profondeur, tant ils sont ancrés
dans l'histoire mouvementée de cette région du
monde. Surtout, l'auteur a désiré montrer comment
l'histoire (et en particulier les guerres) peut influencer,
voire transformer les destinées individuelles, mais aussi
comment si Rajkumar n'avait pas un jour rencontré Dolly,
de nombreuses vies en auraient été bouleversées. |
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La fluidité
et le classicisme du style ainsi que le déroulement chronologique
des événements nous rappelle que Le palais des
miroirs a peu à voir avec des ouvrages tels que Le
Chromosome de Calcutta (un roman quasi fantastique qui mêlaient
les époques et les individus), et quand bien même cela
décevrait certains lecteurs, disons tout de même que
Le palais des miroirs est un beau roman, une chronique
familiale qui retrace, avec érudition et compassion, plusieurs
décennies de l'histoire d'une partie de l'Empire britannique
: une preuve de plus, s'il en fallait, que la littérature
indienne de langue anglaise se porte toujours aussi bien.
Blandine
Longre
(septembre 2001)
du
même auteur
Le
chromosome de Calcutta, Seuil, 1998
Un Infidèle en Egypte, Seuil, 1994
Lignes d'ombre Seuil, 1992
Les Feux du Bengale, Seuil, 1990

http://www.amitavghosh.com/
http://www.fireandwater.com
http://www.seuil.com
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