Petite
musique riante et enivrante jamais soûlante
Amélie-les-crayons...
Le nom, comme le titre de l’album d’ailleurs, porte
déjà en lui le clin d’œil et l’amour
des mots. Un patronyme artistique enfin sympathique et original
qui sied comme une chaussette de laine tricotée par grand-maman
à cette jeune femme originaire de Vienne : son écriture
est frêle et poétique, et sa musique dans les veines
presque traditionnelles de la chanson française. Il y
a du mmm-pa-pa mmm-pa-pa, du piano-voix et des airs à
l’ancienne mais ça ne s’arrête pas
là: les arrangements, ouverts sur le monde, viennent
colorer les ébats, et les mélanges ne donnent
pas le mal de tête malgré leur puissance - mine
de rien, Amélie-les-crayons marie le rondeau avec le
phrasé du rap ou du slam (!), le futile avec l’essentiel,
le rire avec la disparition...
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Playlist
: La Maigrelette, Le Train Trois, Les Manteaux, La Fève,
De Nous Non, Depuis, Marchons.
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Ça
berce ou ça sautille, ça swingue et ça
gambille, ça pitrerie et contrarie : au cœur
de l’affaire sont les mots, montés en épingles,
en allitérations et en histoires, qui nous tiennent
par la barbichette. Des historiettes plutôt, parties
d’un quotidien familier (La Maigrelette, Le Linge
de Nos Mères, Les Manteaux, La Fève, Les Pissotières)
pour prendre formes émouvantes ou cocasses devant
nous et se désintégrer doucement comme dans
un tour de passe-passe. Amélie nous ménage
des fins surprenantes, des chutes d’écrivain
rompu, à l’instar de La Joconde vue en homme
(La Dernière Fille du Monde) ou du couple
qui se construit sur la déconstruction des amitiés
(Depuis). |
Mais Amélie
n’est pas mélo et ses crayons ne nous minent pas,
ils nous transfigurent : même quand les sujets sont graves
(Le Train Trois, De Nous Non, Marchons), l’imagerie
est belle, les clins d’œil sont omniprésents
et le rire n’est pas loin. Amélie ne se prend pas
au sérieux, ses jeux de mots sont contagieux et sa musique
s’écoule en contrepoints acoustiques entre La
Maigrelette et Le Gros Costaud qui boucle la boucle.
15 pièces aériennes pour un opus dense et cohérent.
Quelles seraient les références de cette nouvelle
venue sur le plateau de la chanson française ? Peut-être
Camille, pour le côté texte ludique. Ou Véronique
Sanson, pour le côté piano-voix. Mais Amélie
dépasse ces possibles stéréotypies grâce
à une poétique bien à elle et aux arrangements
propres et polychromes qui apportent une touche world bigarrée
délicieuse. Elle est joliment entourée, Amélie,
de musiciens adroits. Elle a même trouvé un homme-orchestre
si j’en crois les crédits : Olivier Longre, qui
signe la plupart des arrangements, joue tour à tour sur
La Porte Plume de la guitare, mandoline, clarinette, flûte,
concertina, guiro, glockenspiel, systre, vibraslap, clavier,
quand il ne fait pas les percussions ou les chœurs avec
les autres musiciens !
Amélie-les-crayons a un autre atout, de taille, qui la
rend encore plus attachante : il n’y a pas l’ombre
d’une major dans sa petite musique, 100% indépendante
(chez le label neômme). Du travail d’artisan fait
par une artiste authentique avec une bande de garçons
enthousiastes (comme quoi, avec les moyens du bord, on peut
encore voler haut). Une compositrice qui pourrait se voir attribuer
au printemps 2008 au Zénith de Paris, une Victoire de
la Musique.
La succes story d’Amélie-les-crayons se dessine
en figures libres.
Radu
Bataturesco
(octobre 2007)

tournée
2007-2008
http://www.amelielescrayons.com/amelie_concerts.htm
http://www.amelielescrayons.com
http://www.neomme.com/