Le sacre de Louis XVII
Gallimard, 2001

 

Amélie de Bourbon Parme a 24 ans. Étudiante en Histoire à Paris IV, c'est par hasard qu'assise de bon matin au café elle découvre, oublié sur une chaise, Le Figaro du jeudi 20 avril 2000. Un titre : « L'ADN rend sa couronne à Louis XVII ». Immédiatement elle pense que cette phrase s'adresse à elle « personnellement ».
C'est l'annonce de la mort de son arrière cousin à la prison du Temple, ce petit prince retenu prisonnier avec ses parents, puis seul finalement, mourant dans d'atroces souffrances, enterré le 10 juin 1795 dans une fosse commune du cimetière Sainte-Marguerite, et qui pendant deux siècles — que d'ouvrages écrits sur lui ! — entretiendra le mystère de sa mort.

Réapparu maintes fois au cours du XIXe siècle, en particulier sous le nom de Comte Mandorff, que d'histoires folles racontées sur l'enfant du Temple... Mais le dernier médecin à soigner l'enfant, le docteur Pelletan, vola son coeur lors de l'autopsie et le cacha ; ce n'est qu'un siècle plus tard que ce coeur fut restitué à la famille qui le garda jusqu'à nos jours, pour le confier à des biologistes belge et allemand.
Amélie de Bourbon Parme, se sentant liée au jeune prince, se plonge dans la généalogie de sa famille, d'Henri IV à Philippe Auguste ou Hugues Capet. L'ADN d'un coeur desséché lui fait prendre conscience de son hérédité : « Les caractères héréditaires qui avaient décidé de la forme de mon nez, de la couleur de mes yeux ou de celle de mes cheveux avaient été décidées dans le corps d'Henri Ier, de Louis VIII le Lion ou de Philippe III le Hardi ». Elle est un maillon de cette chaîne.

Dans ce beau récit où alternent la vie de l'enfant au Temple et des réflexions personnelles venues au cours de la composition du livre, nous sommes frappés par la tristesse de la conteuse, par son désir de ce couper du monde, tant son émotion est forte. La préciosité initiale tend à s'estomper peu à peu, à mesure que le drame approche de la fin ; le récit devient alors plus vrai et plus poignant.

Françoise Anthonioz
(novembre 2001)



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