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L’art de prendre des gants… avec les mots
Madeleine Delande est la seule écrivaine au monde à
n’écrire qu’avec des gants. Ses contes, nouvelles,
lettres ou récits rivalisent d’inventivité.
Les pensées surgissent à vau-l’eau, comme furieusement
inspirées par la matière, l’apparence et l’utilisation
de l’habit. D’ailleurs qu’il soit de tissu, de
laine ou de cuir, l’écrin lui va comme un gant.
Il suffit à Madeleine de glisser ses mains dans des mitaines
en cuir pour qu’elle devienne un instant la jeune Emma, éprise
d’un bel inconnu à l’odeur sauvage. Parée
de gants délicatement œuvrés en dentelle d’Irlande,
Annaig, apprentie dentellière sur son île bretonne,
est convoquée à la table d’écriture.
Affublée de gants rouges très longs, Madeleine imagine
la romance cruellement délicieuse de Zita et Antonio. L’insaisissable
amoureux disparaît subitement de l’existence de sa belle
en lui laissant d’ardents messages de rupture : « Mon
amour, mon âme, mon tout. Ma demoiselle, ma Zita, mon orageuse…Si
tu me regrettes, tu me reverras. Si tu me revois, tu le regretteras…
»
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D’autres
fois les gants contraignent l’écrivaine à
des exercices de style. Ainsi, de jolis gants coton couleur
crème, reprisés à l’index de la
main droite, attirent irrémédiablement ce doigt
vers la gauche du clavier et l’obligent à écrire
un texte en camaïeu où ne figure nulle autre voyelle
que le « e ». Lorsqu’elle décide
de faire une expérience et de dépareiller les
paires de gants, pour cesser d’écrire des histoires
de couples, le résultat ne se fait pas attendre. Sur
le clavier, ses mains poétisent la vie d’Adam
et Eve, sans autres voyelles que le « e » et le
« a » : Adam
et Eve
Adam, ha ! … et Eve, hé !
Adam, natal… et Eve, née…
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Ce joli livre
nous plonge à la genèse de l’inspiration littéraire…
Les mains. Vivre sa vie à mains nues expose particulièrement
l’âme de l’artiste. Pour cesser d’invoquer
ses propres souvenirs, Madeleine muselle ses mains en les gantant.
Ainsi, elle empêche sa vie de sauter directement sur les touches
de l’ordinateur. Comme les comédiens changent de personnages
et de peau en changeant de costumes, notre héroïne change
de gants et expérimente d’audacieux dépareillements.
Autobiographie d’un fantôme
décline l’étendue des points de vue narratifs
à travers les segments d’existences de personnages
savoureux, amoureux, consistants, drôles, mystérieux,
fantomatiques. Entre gravité, légèreté
et poésie, les mots d’Eva Almassy interrogent, confessent,
intriguent, réjouissent, exaltent… l’inspiration
des lecteurs.
Caroline
Scandale
(janvier 2008)
Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

http://www.ecoledesloisirs.fr
http://eva.almassy.free.fr/evaalmassy/Page_1x.html
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