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La jeune Marianne, collégienne de Besançon, fait partie
du groupe des « députés en herbe », se
perd dans le palais de l’Assemblée nationale, et arrive
dans une pièce étrange, sombre, peuplée de
statues : allégories, fantômes (celui, terrifiant,
de Gorée, qui évoque le départ des esclave
pour l’Amérique), personnages historiques - Toussaint
Louverture, Sonthonax, Dessalines, l’abbé Grégoire,
Delgrès, Schoelcher, la mulâtresse Solitude, la Venus
Hotentote (celle-ci permet de faire le lien avec l’histoire
récente puisqu’on évoque son histoire jusqu’à
la restitution de son corps à l’Afrique du Sud en 2002).
Chacun lui raconte son histoire.
Sans jamais renier la qualité de l’information (une
chronologie replace tous ces personnages en leur temps), chacun
de ces récits est fort bien dramatisé, à travers
des dialogues vivants, des épisodes choisis, des scènes
théâtrales, des scénarios, imaginatifs et un
CD où bruitages et voix tentent de faire revivre de façon
encore plus proche ces lieux et ces temps. Plongées dans
l’atmosphère de Saint-Domingue et dans les cérémonies
Vaudoues, histoires d’amour, déclarations d’intentions
intéressantes venant de la part de personnages controversés
(Sonthonax et Dessalines, par exemple), tout cela est fort bien
fait et nuancé.
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Toutes
ces rencontres proposent une vision historique et humaniste
de l’histoire de l’esclavage, de ses révoltes
et de ses abolitions (1793, 1794 et 1848), en choisissant
le point de vue de ses acteurs et en leur donnant une voix,
un ton et un accent qui leur correspond : c’est tout
l’intérêt de cette histoire qui ne part
pas comme c’est trop souvent le cas, du point de vue
de l’Europe.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(septembre 2007)
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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