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"Les
textes de théâtre contemporain circulent mal... dans
les théâtres contemporains ! [...] Il n'y a pas d'attention
particulière portée en France aux textes dramatiques
venus des Balkans". Ce double constat pessimiste formulé
par Tatiana Breidi et Thierry Pariente justifierait,
s'il fallait le faire, l'heureuse initiative de Marianne Clévy
et Dominique Dolmieu : publier des textes théâtraux
contemporains de tous les pays balkaniques (perspective géographique
à la fois synthétique et large, puisqu'elle s'étend
pour la circonstance de la Slovénie à la Turquie,
en passant par la Croatie, la Bosnie, la Serbie, le Monténégro,
le Kosovo, l'Albanie, la Roumanie, la Bulgarie, la Macédoine
et la Grèce, et intègre l'espace fluctuant que constitue
la langue rom).
Les puristes
pourraient émettre des réserves sur la méthode
des "morceaux choisis", qui ne donnent qu'un bref aperçu
de toutes les pièces mises au programme du volume. Mais outre
l'impossibilité matérielle de reproduire l'intégralité
des uvres, on reconnaîtra volontiers la perspicacité
du choix, qui atteste, en des traductions pour la plupart excellentes,
la richesse, le foisonnement, la diversité de l'écriture
dramatique d'aujourd'hui dans une partie de l'Europe dont l'occident
méconnaît trop souvent la littérature.
Deux, trois
ou quatre extraits d'auteurs différents pour chaque pays,
précédés d'introductions permettant de placer
les productions dans leur contexte historique, artistique, politique...
Le lecteur français a ainsi l'occasion, sinon de combler
entièrement ses lacunes, du moins d'en prendre la mesure
et de se mettre en condition pour explorer davantage ce théâtre
(la bibliographie complémentaire l'y aidera). Un théâtre
plus intéressant que ne le disent parfois les spécialistes
eux-mêmes, un théâtre qui, débordant les
frontières politiques, fait des incursions sporadiques sur
les scènes de certains festivals et se nourrit non seulement
des troubles et soubresauts de l'histoire récente ou de l'actualité,
mais aussi des grands courants de la dramaturgie moderne et post-moderne,
voire des grands mythes du patrimoine. Évidemment, comme
le souligne Jacques Lacarrière dans sa belle "
ouverture ", la tonalité dominante est celle de la dérision,
de l'humour, de ce que l'on nomme " l'absurde " - un "
absurde " à la fois désespéré et
plein de promesses ; les violentes contraintes politiques y sont
pour beaucoup, mais aussi l'esprit créateur de ces jeunes
dramaturges à la fois héritiers et novateurs.
La Maison Antoine
Vitez de Montpellier, avec ce " cahier ", a accompli une
uvre salutaire ; aux lecteurs de prendre le relais, et, surtout,
aux " gens de théâtre ", qui devraient trouver
là matière à satisfaire le besoin de renouvellement
qu'ils manifestent périodiquement.
Jean-Pierre
Longre
(avril 2002)
Jean-Pierre
Longre, maître de conférences en littérature
du XXème siècle à l'Université Jean
Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical.
Il a participé à l'édition des romans de Queneau
dans la " Pléiade ", et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

Serbie
: Biljana Srbljanovic (chroniques
en ligne)
Editions
Climats
http://www.editions-climats.com/
Détail
des Cahiers
http://www.editions-climats.com/6.ARTS-DIVERS/pages/CAHIERSMAV5.html
Maison
Antoine Vitez
http://www.theatre-contemporain.net/mav/
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