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La
magie est dans le savoir
C’est
sur une illustration poétique et quasi pointilliste que se
présente à nous la couverture de cet album. Nora Aceval,
conteuse professionnelle, originaire des hauts plateaux du sud ouest
de l’Algérie, nous transmet à travers ce bel
objet-livre, une histoire aux couleurs orientales, narrée
jadis par sa mère.
Nous découvrons l’histoire du jeune « Fahim
l’intelligent ». Sa mère qui l’élève
seule veut à tout prix donner à son fils unique les
moyens de réussir sa vie. Sur les recommandations d’un
vieillard, elle l’envoie dans une pension isolée dans
la montagne, où il peut suivre les cours en contrepartie
de sa participation aux travaux de la ferme. Grâce à
sa soif de connaissances, Fahim ne met pas longtemps à s’apercevoir
que son maître est en réalité un magicien…
maléfique, qui plus est, jaloux du génie de son élève.
Sans jamais ébruiter ses soupçons, il acquiert en
cachette un savoir égal au sien, en consultant inlassablement
la nuit les vieux ouvrages de la bibliothèque. Au terme de
ses études il finit par dépasser le maître car
il découvre le grand mystère : en chaque chose se
trouvent sept niveaux de compréhension et il parvient au
septième, l’inaccessible. Grâce à sa magie,
il permet à sa mère de s’enrichir mais il est
pris à son propre piège et son maître découvre
son stratagème. Un duel féroce de métamorphoses
s’engage alors entre les deux magiciens, mais Fahim plus intelligent
que le vieux mage finit par le vaincre. De manière sobre
mais poétique, la morale de ce conte traditionnel met l’accent
sur l’importance de l’apprentissage, du savoir, de l’honnêteté
et de la justice. L’histoire se clôt en ces termes qui
feront écho peut-être plus aux prescripteurs qu’aux
enfants eux-mêmes : « La magie est dans le savoir
».
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La
technique atypique de la carte à gratter donne à
cet album une originalité graphique et rappelle l’apparence
des gravures. L’illustrateur utilise à cet effet
des feuilles cartonnées blanches, enduites d’un
vernis noir, qu’il gratte avec une plume, faisant ainsi
apparaître le blanc, avant de rajouter les couleurs
par ordinateur. L’autre spécificité de
ce livre est l’emploi de la thématique des métamorphoses
animales, celles racontées naguère par le poète
latin Ovide et que l’on trouve aussi chez Perrault.
Seul petit bémol au charme de ce sympathique album,
il contient douze formules arabes calligraphiées qui
auraient pu être traduites en français pour le
plus grand plaisir des lecteurs non arabophones.
Caroline
Scandale
(janvier 2008)
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Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

http://www.emreorhun.com/
http://www.zanzibart.com/noraaceval/accueil.htm
Littérature
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