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Dans cet ouvrage
sont regroupés quatre récits écrits à
différentes périodes, mais ayant pour dénominateur
commun la Corée du "miracle économique"
et les répercussions dévastatrices que ces changements
ont eu sur l'individu et la société entière.
Une tristesse ineffable semble adhérer aux êtres qui
ont un profond sentiment de solitude dans des foules anonymes, et
ils intériorisent leurs émotions, ne parvenant pas
à communiquer dans un monde clos et oppressant. Par bonheur,
l'écriture ouvragée de Ch'oe Yun leur permet d'exister
et de révéler leurs peurs et leurs rêves, leurs
lâchetés et leurs courts bonheurs : une écriture
alambiquée, une prose empreinte d'une poésie mouvementée
qui illumine les récits ; la traduction sonne juste, sans
maladresse, chaque mot ou chaque figure de style semblant choisi
pour l'occasion.
L'auteur s'adresse aux personnages (comme dans Poétique
de la soif, qui conte l'ascension laborieuse d'une femme vers
un matérialisme destructeur), et au 'tu' parfois accusateur
de ce premier récit, se substitue un 'tu' de distanciation
dans Maison chambre porte mur champ marché corps chemin
eau (fragments autobiographiques). Ce dernier 'tu' se
substitue au 'je' de l'auteur, comme si cette dernière, en
évoquant des instants révolus, souhaitait créer
un éloignement entre son enfance et son existence actuelle.
Ces réminiscences, étranges et pourtant si familières,
font écho aux suivantes, dans Washington Square ;
là, alternent le passé et le présent d'un homme
qui croit reconnaître, en une mendiante recroquevillée
sur les marches du métro, une fille aimée et abandonnée.
Le dernier récit (Les treize noms du
parfum d'une fleur) est un conte lyrique et bucolique, qui
narre, souvent avec ironie, la naïveté d'un couple de
rêveurs (Bye et Mains Vertes ont uni leur solitude et leurs
rêves et engendrent une fleur étrange, le Chrysanthème
du vent) et le caractère impitoyable d'un monde surmédiatisé
et d'une société de consommation menée par
des bureaucrates.
Ce qui caractérise ce recueil, c'est la limpidité
de l'écriture, la pureté des émotions, mais
aussi le désespoir ambiant et les frustrations morales. Ces
éléments s'allient pour mieux dénoncer l'aliénation
d'un monde qui ne laisse pas d'alternative à l'individu,
en témoigne l'acte ultime des protagonistes dans le premier
et le dernier des récits.
B. Longre
chez
Actes Sud, du même auteur :
Là-bas, sans bruit, tombe
un pétale (1991)
Il surveille son père (1993)
Avec cette neige, grise et sale (1995)

L'auteur
/ traduction anglaise du récit 'les treize noms du parfum
d'une fleur'
http://www.sogang.ac.kr/~anthony/klt/97wint/choeyun.htm
Littérature
coréenne
http://www.kcaf.or.kr/klt/preface-5.htm
La
Corée du Sud
http://www.monde-diplomatique.fr/index/pays/coreedusud
Recueil
de nouvelles coréennes
http://www.mesharpe.com/65601389.htm
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