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en tournée
22 mars 2002 à Romans (26)
25 mars 2002 à Beauvais (60)
Tragédie
moderne, 9 mm est une suite de variations sur les
thèmes du pouvoir et de la responsabilité humaine,
de la justesse de la justice et la loi du plus fort ; les lois de
l'argent qui régissent notre société si injuste
par moments, et dont le cynisme provoque la chute d'innocents. En
31 tableaux, l'auteur décline ces thèmes par le biais
d'une fable contemporaine, où la responsabilité de
la mort d'un enfant est en jeu ; tout se passe au coeur d'une jungle
urbaine, dans un supermarché qui est la parfaite incarnation
du système consumériste et libéraliste. Là,
Monsieur Kléber, gérant du magasin, en jeune battant
motivé par le profit, prépare ses plans marketing
pour les fêtes de Noël, avec l'aide de sa secrétaire
Nathalie. Cette dernière acquiesce à toutes les décisions
de son patron et sa soumission symbolise un monde parfaitement aseptisé,
un univers où même le désir est créé
de manière artificielle, où les enfants sont la cible
première de publicitaires et de vendeurs sans scrupules,
qui ont perdu leur innocence.
Mais tout ne se passe pas si bien que ça : les comptes indiquent
à M. Kléber que des marchandises disparaissent des
stocks et il s'en prend indirectement à son chef de la sécurité,
Alfa Allamodio, à qui il reproche la panne d'une caméra...
Alfa, lui, est l'ami un peu réticent de Bruno Vendetti (un
nom qui ne présage rien de bon), petit délinquant
qui "serre les dents et garde les pieds sur terre",
et qui entend bien profiter de tout ce que la vie lui a refusé
jusqu'à présent. Il ressemble en cela à Kléber,
que rien ne peut abattre : celui-ci rejette l'idée de "destin"
et cherche à s'en affranchir par tous les moyens : image
conquérante du self-made man aux chaussettes assorties à
la chemise, dans un costume à la coupe étudiée...
il possède tous les attributs de "l'homme moderne"
(jusqu'à la cravate phallique), une assurance commerciale
hors du commun et un optimisme forcé... Et pourtant, la tragédie
l'attend lui aussi au tournant, alors qu'il refuse d'assumer la
responsabilité d'un accident, engendré par un vol
: le petit frère de Bruno Vendetti a volé un costume
de Superman, et Kléber a obligé Alfa à appeler
la police... L'enfant a volé pour pouvoir voler (comme son
héros) : le verbe à double sens représente
cette liberté inaccessible, la liberté toute nue mais
aussi la liberté matérielle, obscène, qui,
selon Kléber, ne fait pas le bonheur... De la même
façon, les 9 mm du titre ne représentent pas seulement
la taille d'une balle, mais aussi la courte distance qui existe
entre la vie et la mort, entre le bien et le mal, la mesquinerie
et la générosité, et entre le libre-arbitre
et la destinée...
Pour contrebalancer la cruauté de ce réalisme social,
admirablement décortiqué, un ange apparaît,
une voix (un oiseau ?) entendue par Alfa, et qui poétise
l'ensemble de la pièce, lui apportant la dimension quasi
irréelle d'une fable. L'interprétation est excellente,
tout particulièrement les performances de Vincent Dussart
(Kléber) et Philippe Mangenot (Vendetti), en frères
jumeaux que tout sépare pourtant. Les transitions sont habiles,
et le décor parfaitement adapté à la mise en
tragédie de ce conte qui prend parfois des allures d'allégorie.
B.
Longre
(mars 2002)
| Avec
Vincent Dussart, Philippe Mangenot, Cécile Pegaz, Alain
Pierre, Véronique Kapoian, Emmanuelle Ricci.
La pièce
a été créée au Théâtre
Les Ateliers le 27 Février 2001
"9
mm
est un western. En tout cas, cest ce que je voudrais
que ce soit. Un « Western spaghetti » avec son
cynisme à la limite de labsurde, son humour noir
où tout le monde est pathologiquement mauvais et donc
humain. Pendant lécriture, jai souvent
pensé au film « Le Bon, la Brute et le Truand
» et plus particulièrement à la scène
finale qui se déroule dans le cimetière de «
Sad Hill » où est soit disant enterré
un butin. Comme dans ce film où le Bon nest pas
meilleur que la Brute ou le Truand, jespère quaucun
des personnages de 9 mm ne soit meilleur ou
plus mauvais quun autre. Jespère quils
soient tous aussi bon que mauvais, quaucun ne soit noir
ou blanc mais quils soient tous gris avec chacun une
douce folie qui les mènera ensemble sur limpitoyable
chemin de la Tragédie."
Lionel Spycher
Théâtre
Les Ateliers
5, rue du petit david
69002 Lyon
04 78 37 46 30
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©
Marc Enguérand
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Théâtre
Les Ateliers
http://www.theatrelesateliers.com
http://entractes.sacd.fr/acte_12/fr_a12/acteii_auteur_spycher.htm
L'Arche
http://www.arche-editeur.com/Catalogue/V/vinaver2.htm
Gilles
Chavassieux
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/chavassieux.htm
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