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Quatre femmes, quatre lilas
Pour traverser
le siècle Quatre à quatre, dans l’entrelacs
des souvenirs et des destins de quatre générations
de femmes auxquelles l’auteur québécois Michel
Garneau prête sa plume légère et sensible, Elvire
du Chaffaut nous invite dans le grenier intime et chaleureux de
la mémoire, décor propice à la confession comme
à la mélancolie, mais que l’urgence du temps
présent n’hésite pas à malmener.
Quatre filles s’épanchent, quatre amoureuses que l’amour
n’a pas fini d’exaspérer : qu’il soit trop
fort, trop cru, trop triste ou trop trouble, l’amour d’un
homme rapproche les femmes, comme il sépare les mères
de leurs filles, comme il noue la complicité entre grand-mères
et petites filles. Quatre petites vies se racontent et dialoguent
autour de la détresse moderne de la petite dernière,
perdue avec son amour trouble entre un héritage prude et
vieillot (la charmante arrière grand-mère bigote),
un autre rocambolesque (la grand-mère sans gêne), et
un tiers plus déprimant (la mère naïve).
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Autour
de la libération de la femme… et de ses excès,
dans le triangle de l’amour, de la nature et de la poésie,
Michel Garneau laisse couler son lyrisme ici truculent, là
charnel, souvent amusé, toujours naturel, fluide et
très imagé, sans pinailler, tout simplement,
avec un dynamisme chaleureux auquel s’abandonnent joliment
les comédiennes – nommons Laurence Berger, Frédérique
Charpentier, Florence Le Corre, et Anne Marquot, dans une
distribution très juste. Les regards échangés
sont pétris d’impatience passive comme de frustration
agressive, mais surtout de connivence, dans l’amour
comme dans la haine : chaque femme a sa complexité,
et c’est précisément cela qui fait que,
comme par magie, au terme des soupirs et des cris, elles se
comprennent… |
Nicolas
Cavaillès
(octobre
2006)

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