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de Nathalie Le Gendre
Postface de Denis Seznec
Mango, Autres mondes, 2006

 

 

Automates, roman de Nathalie Le Gendre (Autres Mondes, Mango), a obtenu le prix Ruralivres en Pas-de-Calais 2005-2006, catégorie 4ème-3ème. Le prix est décerné le 16 mai 2006 dans le cadre du salon Ruralivres à Fruges (Pas-de-Calais), en présence de l'auteur. Plus de 600 jeunes lecteurs ont participé au vote.
Automates a aussi remporté le Prix Paulsen 2006 (Lycée professionnel de Châteaudun) et a été honoré du Label Isidor, décerné par le collectif Homoédu lors de la 2ème journée mondiale contre l'homophobie.

Dans les larmes de Gaïa de Nathalie Le Gendre a remporté le Prix du Festival du Livre de Jeunesse de Cherbourg 2006. La remise du prix aura lieu le jeudi 8 juin, lors de la cérémonie d'inauguration.

 

Justice future

Le roman débute le 21 avril 2160 tandis qu’Elora, une jeune fille, est en train d’ouvrir un coffret de bois dans le grenier de sa grand-mère récemment décédée et d’en sortir une liasse de papiers et de manuscrits qui constituent l’histoire douloureuse de sa famille, marquée par l’injustice depuis des générations. Elora découvre ainsi lé parcours édifiant de Loïk Gwilhern, son grand-père, dont la vie s’est arrêtée une première fois en 2124 lorsqu’il a débarqué sur la planète-bagne Syringa, condamné aux travaux forcés pour le meurtre de son meilleur ami Gaëc. Loïk est innocent mais n’a pu se faire entendre lors du simulacre de procès. Il n’a que dix-huit ans et plus aucun espoir d’avenir. Il laisse derrière lui sa mère, sa sœur et son amie, Violaine, enceinte, qui se battent pour que l’on reconnaisse son innocence.

Syringa, l’enfer véritablement, est une planète singulière, fort mal connue, dont l’air que l’on respire provoque une accoutumance tout comme une drogue, dont l’océan est peuplé d’animaux que les bagnards récoltent à longueur d’interminables journées. Le bagne est construit dans une station qui gravite en orbite autour de Syringa. Il est dirigé par un bourreau qui a érigé la souffrance, la torture et l’humiliation en règle absolue. Les hommes qui s’entassent là dans des conditions de survie très difficiles perdent leur humanité, leur identité, leur vie. Ils n’ont plus de nom, seulement un matricule. Loïk, désormais 49 302, sait que pour survivre, il doit se fermer à cet environnement hostile, à s’isoler dans la bulle que son esprit doit recréer.

Ce que les humains ignorent et ne veulent surtout pas savoir, c’est que Syringa est habitée par des êtres intelligents, organisés socialement, qui les observent et ne comprennent pas comment des humains peuvent aussi mal traiter d’autres humains ! Parmi eux, Tat’ouie, «considérée par son peuple comme un être singulier. Son empathie pour les autres, la facilité qu’elle avait de se déconnecter de la réalité, la tête perdue dans les nuages, son regard parfois absent, toutes ces attitudes déconcertaient ses amis. » Tat ‘ouie observe longuement Loïk, qu’elle sent différent des autres, et, au mépris des règles de son peuple, elle entre en contact avec lui. A cause ou grâce à cette rencontre extraordinaire, le destin de Loïk bascule et le désir d’évasion le taraude. Dans le même temps, sur la station-bagne est arrivée une jeune femme médecin, Joyce, qui est révoltée par les conditions inhumaines faites aux bagnards. Elle veut alerter l’opinion, changer les choses, aider Loïk à faire reconnaître par tous qu’il est innocent…

Nathalie Le Gendre construit une histoire forte à partir de l’affaire Seznec, dont le personnage de Loïk – qu’elle crée de toutes pièces – serait le descendant, vit le même drame en étant soumis à une terrible injustice. Il porte d’ailleurs le même matricule que celui de Guillaume Seznec au bagne de Cayenne en Guyane française. Le futur que Nathalie Le Gendre imagine n’est guère optimiste et elle met en place un univers carcéral d’une énorme violence, où toute trace d’humanité est bannie. Elle met toute sa fougue d’écrivain et de personne sensible à dénoncer les conditions dans lesquelles son héros a été jugé, condamné puis expédié au bagne pour y travailler jusqu’à la mort. Les scènes dans lesquelles Loïk est soumis au mitard dans un total isolement sont dures et l’on souffre avec le héros. L’espoir, le salut viennent des femmes dans ce roman, personnages véritablement positifs, qui mettent leur incroyable énergie à sauver, à préserver les vies plutôt qu’à les détruire ! Un roman qui se lit d’une traite, où l’on retient son souffle, où l’on s’accroche au héros pour tenter d’apaiser ses souffrances et pour qu’il sorte enfin de l’enfer.

Catherine Gentile
(mars 2006)

Catherine Gentile est documentaliste, formatrice en littérature jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville et auteur de Bulles en stock (Bibliographie sélective et commentée de bandes dessinées, ed. Cedis, 1999) ; elle chronique aussi littérature de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI.

Postface de Denis Seznec, petit-fils de Guillaume Seznec, qui milite depuis longtemps pour qu’enfin s’ouvre en France le procès en réhabilitation de son aïeul.
Pour en savoir plus sur l’affaire Seznec
on peut utilement consulter le site www.france-justice.org
et/ou lire les deux ouvrages que Denis Seznec a publiés chez Laffont : Nous, les Seznec, 2000 et Seznec, le bagne, 2001.

A lire aussi les autres romans de Nathalie Le Gendre (Dans les larmes de Gaïa, Mosa Wosa, Automates) publiés dans la même collection et dans lesquels on retrouve des thèmes communs et très chers à l’auteure : la force de la vie, le désir de liberté, l’émancipation des femmes, le respect de l’environnement.

http://www.editions-mango.com

http://www.noosfere.com/autres%2Dmondes/